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Budget 2026 à Tournefeuille : un équilibre fragile, des promesses sans financement

Derrière les annonces et les postures, le débat d’orientation budgétaire a mis en lumière une réalité préoccupante : une trajectoire financière dégradée, des promesses intenables… et des choix politiques assumés.


Un débat budgétaire révélateur


Le débat d’orientation budgétaire (DOB) n’est pas un exercice technique.

C’est un moment de vérité.

Lors du conseil municipal du 14 avril 2026, les chiffres présentés par la majorité ont permis d’éclairer la situation réelle des finances de la commune. Et au-delà des tensions en séance, une évidence s’impose : le cap budgétaire est aujourd’hui fragilisé.

🎥 Extrait de mon intervention en conseil municipal le 14 avril 2026

Une situation financière qui se dégrade clairement


Les indicateurs sont sans ambiguïté :

  • Épargne brute : elle passe de 4,13 M€ à 2,83 M€

  • Taux d’épargne : il chute de 10,27 % à 7,1 %

  • Épargne nette : elle diminue de 2 M€ en 2025 à 482 k€ en 2026, puis à 105 k€ en 2027 !


Dans le même temps :

  • Emprunt : la dette augmente de 2,5 M€ à 4 M€

  • Capacité de désendettement : elle augmente de 5 ans à près de 8 ans (7,9 ans)

Traduction : moins d’épargne, plus de dette, moins de marges. Autrement dit, la ville perd progressivement sa capacité à financer ses projets sans s’endetter davantage.

Des promesses de campagne qui ne tiennent pas sans hausse d’impôts


C’est un point central.

Le programme du maire reposait sur une équation implicite : maintenir un haut niveau de dépenses… grâce à des recettes supplémentaires.

Et chacun se souvient que l’augmentation de la fiscalité, notamment de la taxe foncière, faisait partie des leviers envisagés en début de mandat.

D’ailleurs, lors de la campagne, j’avais fait un choix clair : ne pas augmenter les impôts pendant toute la mandature.

Un choix qui avait été critiqué...


Aujourd’hui, la situation est paradoxale.

Le maire n’augmente pas les impôts… non pas par choix stratégique assumé, mais parce qu’il y est contraint. Parce que le contexte politique a changé...
La préfecture a saisi le tribunal administratif pour demander l’annulation de l’élection, en raison de nombreuses irrégularités. Dans ce contexte, une reprise du scrutin à l’automne est désormais une hypothèse sérieuse et chacun comprend qu’augmenter les impôts aujourd’hui serait politiquement intenable.

Résultat :

➡️ les recettes attendues ne sont pas là

➡️ les promesses ne sont pas financées

➡️ et le budget repose sur une équation devenue impossible


C’est précisément ce que j’ai démontré en conseil municipal.


Une stratégie budgétaire sans issue : l’endettement comme seule variable


Face à cette situation, la mécanique est simple :

  • plus de dépenses

  • pas de nouvelles recettes

  • impossibilité d’augmenter les impôts


Il ne reste qu’une solution : la dette. Mais cette fuite en avant a ses limites. Elle engage l’avenir de la commune… et des générations futures.

Une autre voie : développer les recettes par l’attractivité économique


Lors du débat, nous avons porté une alternative claire : développer les recettes en renforçant l’attractivité économique de la ville


Car oui, des recettes supplémentaires sont possibles.

À condition de changer de cap.

Accueillir des entreprises, ce n’est pas un slogan. C’est une stratégie.


Et surtout, c’est un levier vertueux :

  • une entreprise génère des recettes fiscales

  • elle ne nécessite pas la création d’écoles ou de crèches

  • elle ne pèse pas lourdement sur les finances communales


Contrairement à une politique exclusivement basée sur l’augmentation de la population.


Car accueillir de nouveaux habitants implique :

  • des écoles à construire

  • des équipements publics à financer

  • des coûts supplémentaires importants


Et lorsque cette politique s’accompagne d’un ciblage prioritaire sur des populations en grande précarité, les conséquences sont connues.


Une politique sociale à interroger


Le maire l’a lui-même reconnu en séance : le CCAS ne désemplit pas (!).

Mais faut-il s’en satisfaire ? Ou faut-il en comprendre les causes ?

Une politique sociale ambitieuse est nécessaire. Personne ne la remet en cause.


Mais lorsque cette politique devient un axe central d’attractivité territoriale, elle peut produire des effets déséquilibrés :

  • augmentation des besoins sociaux

  • pression accrue sur les finances

  • saturation des dispositifs existants


Il est légitime de poser la question de l’équilibre.

Accueillir des familles modestes, oui. Mais concentrer toujours davantage de précarité sur un même territoire pose question.

Peut-être faudrait-il aussi :

  • diversifier les profils accueillis ?

  • renforcer l’attractivité pour les actifs ?

  • rééquilibrer le développement de la ville ?


Un refus d’entendre les alternatives


Face à ces propositions, la réponse du maire a été révélatrice.

Plutôt que de répondre sur le fond, il a choisi de caricaturer mes propos, en évoquant l’accueil “d’industries”. Ce n’est pas le sujet.


Nous parlons d’entreprises.

D’activité économique.

De création de valeur.

Mais encore faut-il vouloir entendre.


Car comme le dit l’adage : "il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre."


Conclusion : un choix politique clair


Le débat budgétaire ne se résume pas à des chiffres.

Il révèle des choix.


Aujourd’hui, trois constats s’imposent :

  • les promesses de campagne ne sont pas financées

  • la trajectoire financière se dégrade

  • aucune stratégie crédible de recettes n’est proposée


Face à cela, deux options :

  • continuer dans cette impasse

  • ou changer de cap

C’est ce débat que nous portons. Et c’est ce débat qui devra être tranché, tôt ou tard, par les habitants.

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